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    <title>La bataille de IANB</title>
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      <title>La bataille de IANB</title>
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      <title>Un an après, bilan et séquelles</title>
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      <pubDate>Mon, 13 Aug 2007 14:15:11 -0400</pubDate>
      <description>Impossible pour moi aujourd’hui de vous donner de réelles nouvelles des progrès de Ian : je ne l’ai pas vu depuis trop longtemps et mes échanges avec lui ne me permettent pas de juger de son état de santé.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je ne peux pas non plus vous tenir au courant de sa vie quotidienne, je sais simplement qu’il continue à voir son orthophoniste plusieurs fois par semaine, qu’il a maintenant une voiture qui lui offre une plus grande facilité de déplacements, et qu’il part de temps en temps voir des amis à Montréal ou un peu plus loin.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le seul bilan que je sois à même d’établir est celui de sa relation avec son fils, et c’est malheureusement un bilan plutôt négatif.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Que ce soit par excès de souffrance ou par volonté de tirer un trait sur sa vie passée, Ian ne manifeste aujourd’hui aucune volonté de créer un lien avec Alexandre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il ne souhaite pas lui parler par vidéo, est venu en France sans le voir, ne souhaite aucunement participer à son éducation, et refuse pour le moment l’idée de notre visite au Québec.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je me sens un peu coupable de cette situation, étant la cause de l’éloignement géographique entre Ian et Alexandre. Mais déjà au Québec, leurs rencontres étaient rares et difficiles. Je ne sais donc que penser et qu’espérer pour l’avenir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il est évident pour moi qu’Alexandre a besoin de connaître son père et de pouvoir s’identifier à lui. J’imagine aussi que la douleur de l’accident ajoutée à celle de la séparation rendent encore les choses difficiles pour Ian et que, le temps aidant, il retrouvera le désir de partager la vie de son fils.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Heureusement, quand je raconte à Ian les évolutions du bout de chou, il semble attentif et attendri. Ce qui me laisse croire et espérer qu’une rencontre physique mettrait à vif des plaies mal cicatrisées, mais que l’affection est bien là et se manifestera à nouveau quand le temps sera venu.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quant à mes relations avec Ian, elles sont assez peu fréquentes mais plutôt naturelles, et j’espère garder ce lien et un échange régulier sur le long terme.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je prépare donc notre venue au Québec cet hiver, histoire de faire prendre à Alexandre un bain d’érable, de grand-maman, d’amis et bien sûr le plus possible de bons moments partagés avec son papa.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et si les retrouvailles ne sont pas pour cette fois, elles seront pour plus tard : nous avons ici affaire à trois personnalités toutes plus butées les unes que les autres (vous connaissez Ian, vous avec pu évaluer ma ténacité, imaginez Alexandre aussi tête de mule que ses deux parents réunis !) mais nous finirons par y arriver, pour le bien d’Alexandre avant tout.</description>
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    <item>
      <title>Nouveau départ</title>
      <link>http://www.ianb.com/Personnel/Bataille_de_IANB/Entries/2007/2/24_Nouveau_d%C3%A9part.html</link>
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      <pubDate>Sat, 24 Feb 2007 14:23:25 -0500</pubDate>
      <description>Depuis mon retour en France, j’ai beaucoup réfléchi. Après de longs mois d’action, j’ai pris le temps de penser à tout ce qui nous est arrivé lors de cette dernière année, et d’essayer de comprendre où j’en étais et comment j’envisageais l’avenir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Aujourd’hui j’ai décidé de rester en France, de m’y installer à long terme avec Alexandre. Je sais maintenant que je n’ai plus la force, l’énergie, la volonté, de retourner vivre avec Ian.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est une décision qui ne répond pas aux valeurs de pardon et de persévérance auxquelles j’adhère.&lt;br/&gt;C’est une décision qui ne répond pas à l’idée que je me faisais de mon couple et de ma famille.&lt;br/&gt;C’est une décision qui ne répond surtout  pas à l’idée que je me faisais de la force de l’amour.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Malheureusement, c’est avant tout une décision du coeur, et je sens bien que ne pas la respecter pourrait avoir des conséquences néfastes pour chacun de nous trois.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bien sûr je m’en veux de quitter Ian maintenant, de ne pas être à ses côtés dans cette étape clé et difficile de sa vie, mais je n’y arrive pas.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je suis très triste de cette fin à notre histoire, mais c’est la seule que j’envisage aujourd’hui, la seule qui me permette de repartir, de me relever, de reconstruire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’espère que pour Ian aussi, ce sera un nouveau départ, le début de quelque chose de grand, un apprentissage de lui-même et une nouvelle compréhension de la vie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je n’ai pas vu Ian depuis mon départ du Québec, mais je lui parle très régulièrement par vidéo-chat. Je peux vous dire qu’il fait de gros progrès : sa diction s’améliore chaque jour, et si quelques mots buttent encore, l’ensemble est vraiment de plus en plus fluide.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je crois qu’il a aussi fait quelques progrès moteurs et que notamment la marche devient un peu plus facile. La rééducation physique devrait s’arrêter pour lui dans une semaine, il n’ira dorénavant plus au Centre que pour travailler en orthophonie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Voilà pour les petites nouvelles que je peux vous donner aujourd’hui. Je sais aussi que Ian prend toujours beaucoup de plaisir à vous lire et à recevoir vos visites. N’hésitez donc pas : quel que soit votre degré d’intimité et la fréquence de vos derniers échanges, un petit signe est toujours bien reçu ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;D’ailleurs c’est l’anniversaire de Ian aujourd’hui, alors avis aux amateurs !</description>
    </item>
    <item>
      <title>Le choix d’Héloïse</title>
      <link>http://www.ianb.com/Personnel/Bataille_de_IANB/Entries/2006/11/30_Le_choix_d%E2%80%99H%C3%A9lo%C3%AFse.html</link>
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      <pubDate>Thu, 30 Nov 2006 09:41:46 -0500</pubDate>
      <description>Pour de nombreuses raisons j’ai décidé de quitter le Québec et de rentrer en France avec Alexandre.&lt;br/&gt;En effet, j’ai le sentiment que notre relation est aujourd’hui trop lourde à gérer et que Ian dépense toute son énergie à réagir aux rebondissements de notre histoire plutôt que de se consacrer à sa réadaptation et surtout à son acceptation de sa nouvelle réalité de vie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De mon côté j’avoue ne plus avoir la force de porter à bout de bras une relation si fragilisée, et où la confrontation est devenue notre lot quotidien.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est une décision qui a été très difficile à prendre et je ne peux m’empêcher de me sentir coupable de laisser Ian seul en de pareils moments. Mais je voudrais avant tout éviter de dépasser les limites de ce que je suis capable de supporter, et je n’en suis pas loin.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De plus, je pense sincèrement qu’aujourd’hui ma présence à Québec est loin d’aider Ian dans sa réhabilitation. Je crois qu’un couple à besoin de bases solides pour fonctionner et les nôtres sont beaucoup trop fragiles car nous sommes, chacun de notre côté, trop ébranlés par la situation pour être capables d’une bonne compréhension mutuelle.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est pourquoi j’ai fait le choix de rentrer en France, afin de prendre le temps de récupérer des forces et de me reconstituer un équilibre de vie, pour moi et surtout pour Alexandre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’espère sincèrement que cette séparation permettra à Ian de faire de son côté le cheminement essentiel qui l’attend pour se reconstruire, lui aussi, son équilibre, et une image positive de lui-même. C’est un travail que je ne peux malheureusement pas faire à sa place, ni même avec lui. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Voilà, c’est probablement ici que s’arrêtent mes chroniques, je tenterai cependant de vous donner des nouvelles de Ian de temps en temps. Merci à tous pour votre soutien durant ces longs mois. Vous pouvez continuer à soutenir Ian qui est toujours très heureux de vous lire même si il ne peut vous répondre.</description>
    </item>
    <item>
      <title>Diversification</title>
      <link>http://www.ianb.com/Personnel/Bataille_de_IANB/Entries/2006/11/23_Diversification.html</link>
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      <pubDate>Thu, 23 Nov 2006 10:43:25 -0500</pubDate>
      <description>Quelques nouvelles de Ian au centre : les activités se diversifient, et permettent à Ian d’apprendre à se débrouiller dans toutes les circonstances de la vie quotidienne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ainsi le programme de sa semaine comporte maintenant de la menuiserie, du sport en salle et de la natation, des activités ménagères et de la cuisine, etc... toutes ces petites choses qui permettent de s’impliquer dans sa vie de tous les jours.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Aujourd’hui nous avons aussi rencontré les médecins pour un nouveau bilan mensuel.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les principales informations à en retenir sont les suivantes : La durée d’hospitalisation de Ian est estimée encore à un mois, car les traitements sont lourds et ses journées chargées. Un transport quotidien risquerait donc de trop le fatiguer.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cependant, Ian sera de retour à la maison chaque mercredi puisque c’est une journée sans traitement pour lui.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Lors de cette rencontre, l’accent à a nouveau été mis sur l’importance pour Ian d’accepter de faire un travail de précision en physiothérapie : c’est ce travail minutieux qui lui permettra de poser les bonnes bases à sa récupération et notamment sa capacité à retrouver une démarche fluide et non pas saccadée ou tordue.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Enfin, le point très positif de cette réunion est que Ian, après qu’on lui ait expliqué que l’accident à endommagé le fonctionnement de certaines de ses cellules immunodépressives, a accepté de prendre des antidépresseurs pour palier à ce dysfonctionnement et se donner plus de chances de voir sa réadaptation avoir des effets réels et durables.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Reste à espérer que ces médicaments auront une action rapide et efficace et que Ian réussira à mettre toutes les chances de son côté.</description>
    </item>
    <item>
      <title>Nouvelles de l’aphasie</title>
      <link>http://www.ianb.com/Personnel/Bataille_de_IANB/Entries/2006/11/23_Nouvelles_de_l%E2%80%99aphasie.html</link>
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      <pubDate>Thu, 23 Nov 2006 09:44:50 -0500</pubDate>
      <description>Tout d’abord je tiens à m’excuser, cela fait très longtemps que je ne vous ait pas donné de nouvelles et je le regrette. Il faut dire que ces deux dernières semaines ont été bien remplies puisque nous avons (enfin) déménagé et que je viens seulement de récupérer une connexion Internet.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ceci dit, rien d’exceptionnel ne s’est passé pendant ces quinze jours : les progrès continuent et le moral est toujours fluctuant.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les problèmes aphasiques rendent la communication très difficile, et donc la relation compliquée mais nous tentons vaillamment de passer au-dessus de ces difficultés et de prendre notre mal en patience.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les progrès moteurs sont bien réels mais Ian semble ne pas adhérer à la méthode employée par ses physiothérapeutes : il est difficile pour lui d’admettre que le travail doive d’abord être très imperceptible et se concentrer simplement sur des positionnements et non sur un travail musculaire, pour assurer des bases solides à la récupération qui suivra. Ian à donc tendance à se faire son propre programme, sans tenir compte des conseils qui lui sont donnés.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bref, vous le connaissez : il en fait voir de toutes les couleurs aux équipes qui l’entourent, toujours aussi exigent et impatient de voir un résultat.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai pu hier rencontrer l’orthophoniste qui suit Ian depuis son arrivée au Centre. C’était un échange très instructif et qui m’a permis de mieux comprendre certaines réactions de Ian.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Avant tout nous avons parlé des problèmes de compréhension de Ian, en effet ceux-ci sont très peu visibles pour quelqu’un de l’extérieur mais sont bien réels et d’autant plus traîtres qu’on ne les voit pas. En général, ces troubles de compréhension sont liés à un problème de mémoire à très court terme appelée mémoire de travail. C’est celle qui nous permet de retenir l’information reçue suffisamment longtemps pour la traiter : dans le cas d’une phrase complexe, nuancée, comportant une double négation, etc... &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;À ce problème de mémoire s’ajoute une absence de langage intérieur : Ian ne peut pas se répéter une phrase dans la tête pour la traiter. Enfin, la compréhension linguistique est bonne : il comprend chacun des mots pris séparément, cependant il lui arrive de confondre deux termes proches phonétiquement ou faisant appel au même champ sémantique (ensemble de mots se rapportant à un même sujet). Tous ces troubles de compréhension sont encore une fois généralement imperceptibles ou ne me sont révélés que par une réaction de Ian opposée à celle attendue compte-tenu de ce que je viens de lui dire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Parallèlement à la compréhension, Ian est atteint dans sa capacité à parler. Ici on constate trois niveaux de difficultés : la principale est celle de trouver le mot correspondant à la pensée, c’est donc un problème de vocabulaire pour lequel Ian doit apprendre à retrouver les bonnes connexions dans son cerveau. Les mots peuvent être longs à retrouver, il peut les utiliser à bon escient un jour et ne pas y arriver le lendemain, mais théoriquement un mot retrouvé est acquis. Mais retrouver l'intégralité de son vocabulaire est ce qui va prendre le plus de temps et en attendant Ian va devoir continuer à trouver des moyens de compensation (faire une périphrase pour contourner le mot manquant, s’aider de divers supports, etc...).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans le cadre de cette lacune lexicale, Ian à tendance à faire ce que l’on appelle de la paraphasie lexicale : pendant sa recherche du mot qu’il souhaite utiliser il n’arrive pas à trouver le bon mot, mais il en trouve un, bien réel même si le sens n’est pas bon, et souvent le mot qu’il trouve fait partie de la bonne sous-division de mots (champ lexical) et est donc tout à fait adapté au contexte de la phrase. Cela entraîne un vrai problème de communication puisque la phrase prononcée à un sens mais que ce sens n’est pas celui que Ian à voulu lui donner. Et le problème est d’autant plus grave que ni Ian ni son interlocuteur ne se rendent compte de cette erreur...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le deuxième problème est plus léger, et plus facile à corriger. Il s’agit d’un souci d’encodage phonologique : Ian connaît le mot qu’il veut utiliser mais il ne le sort pas correctement, il est juste modifié légèrement ou totalement. Ce trouble là est plus facile à corriger car facilement identifiable tant par Ian que par son interlocuteur.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Enfin le troisième niveau d’atteinte, léger lui aussi, est un problème de praxie : de coordination de la prononciation. Il arrive que Ian sache exactement quel mot utiliser mais ne retrouve pas la position de la bouche à utiliser pour le prononcer correctement. Dans ce cas lui souffler le début du mot voir simplement la position buccale à employer lui permet de retrouver immédiatement la bonne prononciation.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un dernier trouble que l’on remarque chez Ian est la tendance à répéter le dernier mot utiliser par lui ou son interlocuteur en lieu et place du mot qu’il a dans la tête. Ainsi à la question “qu’as-tu mangé au dîner” il pourrait répondre “du dîner”. Et plus il va utiliser ce mot à mauvais escient plus c’est le seul mot qui lui viendra à l’esprit. Il s’agit donc dans ce cas de détourner son attention de ce mot et de l’amener tout de suite à en prononcer un autre par exemple en changeant de sujet.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Face à ces difficultés orales, Ian a mis en place de nombreuses stratégies de compensation. Il s’aide des objets qui l’entourent, de dictionnaires, il contourne les mots qu’il n’arrive pas à retrouver, il fait appel à la capacité de ses interlocuteurs à jouer aux devinettes : il donne des indices de ce qu’il cherche à dire, à nous de comprendre !! C’est grâce à ces stratégies variées que le niveau de communication de Ian est jugé très bon compte tenu de la sévérité de son aphasie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour autant, ce niveau de communication dépend aussi du contexte de la conversation : une conversation pratique où les aides visuelles sont nombreuses sera évidemment bien plus aisée qu’une conversation théorique, abstraite, liée à des sentiments, etc...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;À toutes ces difficultés à parler, il faut aussi ajouter un problème de conscience. Bien souvent Ian n’a pas conscience de son erreur et refuse de l’admettre lorsqu’on la lui fait remarquer. Bien souvent aussi la personne à qui il s’adresse n’a pas non plus conscience de l’erreur. C’est le point essentiel sur lequel il va falloir travailler dorénavant. L’orthophoniste de Ian va tenter de l’amener à une prise de conscience en l’enregistrant ou en répondant à ce qu’il dit sans corriger ses erreurs. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De mon côté (de notre côté) il s’agit de rester en permanence vigilante à cette possibilité d’erreur et de bien m’assurer que le message transmis est toujours le même que le message reçu. C’est un peu la même démarche que celle que nous avions mis en place avec Ian suite au constat de nos différences culturelles franco-québecoises : nous savons que l’erreur d’interprétation est fréquente, aussi nous tentons de toujours garder cette possibilité à l’esprit en cas de mauvaise compréhension. Ce n’est pas toujours évident et ça risque de se corser encore avec ces nouvelles données mais on devrait y arriver !!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Enfin, pour faciliter la communication avec Ian, ses interlocuteurs doivent se forcer à faire des phrases courtes et simples afin de ne pas être confrontés au problème de mémoire de travail de Ian évoqué plus haut (dur défi pour moi, mais je vais tenter de le relever !!). Il faut aussi savoir ne pas s’offusquer de la communication parfois brusque et très directe de Ian qui cherche à éviter les détours pour faciliter ses échanges.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Voilà, je pense vous avoir donné un bel aperçu de la situation actuelle. Il ne me reste qu’à vous confirmer que les pronostics sont toujours très positifs en terme de qualité de récupération et ce grâce à différents facteurs jouant en faveur de Ian malgré la sévérité de son aphasie : sa jeunesse, sa motivation, sa très bonne maîtrise du langage parlé avant l’accident, son bilinguisme passé. L’ensemble de ces éléments est favorable à une récupération qui, bien que longue et lente, devrait être très poussée, même en anglais. Il y aura donc des séquelles, mais probablement invisible pour quelqu’un de non initié, à l’oral du moins.</description>
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    <item>
      <title>Point médical</title>
      <link>http://www.ianb.com/Personnel/Bataille_de_IANB/Entries/2006/11/9_Point_m%C3%A9dical.html</link>
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      <pubDate>Thu, 9 Nov 2006 09:46:37 -0500</pubDate>
      <description>Voici un dernier point de la situation médicale de Ian :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Aujourd’hui Ian va bien. Il fait de gros progrès dans tous les domaines, mais ces progrès sont lents et difficiles.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La marche s’améliore de jour en jour, et notamment depuis qu’il porte une orthèse facilitant beaucoup ses déplacements puisqu’il n’a plus à se soucier de ce que fait son pied droit. Il a toujours besoin d’une canne mais peut maintenant se déplacer avec plus d’aisance, sur des plus longues distances et plus longtemps. Pour autant, Ian n’a pas encore récupéré la mobilité de son pied et cette récupération reste très incertaine.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Son bras bouge, il peut le monter à l’horizontale, mais il n’a pas beaucoup de force et la motricité de la main est toujours nulle. Tout comme le pied, la récupération est incertaine mais il est probable qu’elle stagne totalement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quand au langage il progresse aussi. Chaque jour, de nouveaux mots refont surface. Le dialogue de base est de plus en plus fluide et aisé. Dès qu’il s’agit d’aborder des sujets plus pointus ou plus émotionnels en revanche, la conversation est toujours très difficile. Seuls les mots simples sortent justes, et Ian doit faire de très gros efforts pour trouver la formulation qu’il va réussir à prononcer, en contournant souvent son idée de base.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il y réussit de mieux en mieux, mais on ne peut pas encore parler de réel dialogue à ce stade. D’autant plus qu’il souffre encore aussi de quelques petits troubles de compréhension, lorsqu’il est fatigué particulièrement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sachez enfin que Ian n’est évidemment souvent pas d’accord avec ce que j’écris, et que nos points de vue ne sont bien sûr pas du tout basés sur les mêmes ressentis. N’oubliez donc pas que c’est bien ma vision des choses, et non la sienne que vous suivez ici.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour tous ceux qui le souhaitent, je vous rappelle aussi que vous pouvez écrire à Ian, même si lui ne peut pas vous répondre et qu’il est ravi de vous visites quand vous en avez l’occasion.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un dernier détail pour ceux que ça intéresse : Radio Canada à diffusé ce soir un reportage assez intéressant sur la vie d’un aphasique, vous pouvez voir le reportage à l’adresse suivante :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;a href=&quot;http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/enjeux/niveau2_11823.shtml&quot;&gt;http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/enjeux/niveau2_11823.shtml&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Voilà, je voulais aussi vous dire : n’hésitez pas à m’envoyer vos impressions si vous souhaitez que je les publie ici.</description>
    </item>
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      <title>Travail psychologique</title>
      <link>http://www.ianb.com/Personnel/Bataille_de_IANB/Entries/2006/10/31_Travail_psychologique.html</link>
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      <pubDate>Tue, 31 Oct 2006 09:48:33 -0500</pubDate>
      <description>Comme vous pouvez tous l’imaginer, les suites et séquelles de l’AVC sont très difficiles à accepter pour Ian en ce moment : c’est une énorme perte par rapport à sa vie d’avant et l’injustice de cet accident susciterait colère et frustration chez n’importe qui.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans ce contexte, Ian a vraiment besoin de faire son deuil, seul, de cette partie de lui qu’il a perdue.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Aujourd’hui, une grande partie du travail à faire, au-delà de la rééducation physique, est psychologique. Il s’agit d’accepter - ou non - les nouvelles “cartes” que nous avons en main. C’est un travail que Ian doit avant tout faire seul face à lui-même, afin de pouvoir ensuite savoir comment se placer face à moi et à son fils.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans le but de gérer les choses au mieux dans ce contexte lourd et délicat, je rencontre régulièrement les équipes sociales du centre de rééducation, qui font un travail formidable pour nous permettre d’apprendre à composer avec cette situation inédite, et avec le ressenti de chacun face à cette situation.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’essaye aussi de laisser le plus possible de temps à Ian, pour qu’il puisse tranquillement réfléchir et trouver son chemin au milieu de l’épreuve qu’il est en train de vivre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et j’espère qu’il réussira à retrouver un équilibre et à se trouver de bonnes raisons d’aimer la vie qui l’attend.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je pense qu’il est très important que nous n’allions pas trop vite en ce moment, car exactement comme pour sa rééducation, il est essentiel pour nous de trouver de bonnes bases à notre vie et ces bases sont avant tout d’accepter chacun de notre côté les nouvelles données de notre vie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un accident vasculaire cérébral, avec des séquelles importantes comme celui de Ian, est un événement qui ne se règle pas en quelques semaines, ni même en quelques mois. Aussi je crois que nous allons devoir faire preuve de patience, autant pour notre capacité psychologique à assumer les conséquences de cet accident que pour la récupération physique.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et avant tout Ian doit de reconstruire une bonne image de lui-même - malgré des capacités physiques et de langage diminuées, avec une vision positive que ce que lui réserve l’avenir. Je vais faire en sorte de lui laisser le plus de temps possible pour ça, afin de nous donner les meilleures chances d’amener notre famille aussi loin que nous le souhaitons.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour ceux qui peuvent venir le voir, lui écrire, lui téléphoner, je crois qu’il a aussi beaucoup besoin de vous dans cet exercice, besoin de sentir qu’un des piliers de son tempérament : sa vie sociale et son rapport aux autres, vaut toujours la peine...</description>
    </item>
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      <title>Impact encore incertain</title>
      <link>http://www.ianb.com/Personnel/Bataille_de_IANB/Entries/2006/10/23_Impact_encore_incertain.html</link>
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      <pubDate>Mon, 23 Oct 2006 09:52:59 -0400</pubDate>
      <description>Contrairement à ce que j’imaginais, et à ce que j’espérais, la rencontre avec les médecins de jeudi n’a pas vraiment rendu sa confiance et son optimisme à Ian.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je réalise aujourd’hui que cette rencontre a cristallisé, et enfin rendues “officielles” les craintes de Ian quant à sa récupération. En effet, si jusqu’ici il savait bien qu’il ne retrouverait pas l’intégralité de ses capacités, personne ne le lui avait encore confirmé.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il semble que le fait qu’un médecin ait mis des mots et même des chiffres sur ses espoirs de réadaptation, ait entraîné chez Ian une sorte de prise de conscience concrète de la perte subie. Je crois que le voilà rendu à l’étape du deuil : étape où, même si l’on n’a pas encore atteint l’intégralité de la récupération, on tire déjà un trait sur ce que l’on ne retrouvera jamais.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Car finalement, même si les nouvelles rapportées par le corps médical sont encourageantes compte-tenu de la gravité de son accident et de la sévérité de sa condition actuelle, ces pronostics n’en restent pas moins pour Ian l’annonce d’une incertaine accession à un niveau de fonctionnement qui sera, de toutes façons, largement inférieur à celui qui constituait son quotidien avant l’accident. Et, bien que vous comme moi trouvions que ces prévisions soient très positives, Ian n’en a pas moins à composer avec cette certitude nouvelle qu’il ne sera jamais plus le même, et ne pourra jamais plus vivre la vie qu’il s’était choisie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il n’y a plus d’angoisse dans les réactions de Ian, mais de la colère surtout, du découragement, et parfois aussi, l’envie de baisser les bras si il s’avérait que sa vie doive rester cette suite de contraintes et de frustrations qu’elle est aujourd’hui.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On comprend que, dans sa situation, il est difficile de croire que cette nouvelle condition puisse avoir quoi que ce soit de positif et qu’il puisse un jour se sentir à l’aise et comblé dans  cette vie qu’il craint étriquée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans ce contexte, il est dur pour moi de laisser Ian faire ce deuil seul et à son rythme, et de le sentir parfois si abattu quand tout me semble à moi si encourageant.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’essaye pourtant de ne pas le rassurer ou le motiver, car il est manifeste qu’il doit faire ce cheminement seul.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comment alors de ne pas me laisser, moi aussi, envahir par la nostalgie de tous ces magnifiques moments passés et qui étaient si prometteurs d’une vie riche et exaltante.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai beau croire farouchement que l’avenir est devant nous, et que nous avons encore notre lots de gros bonheurs et de belles expériences à vivre, j’avoue parfois succomber aux inquiétudes si légitimes de Ian.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ceci dit, Ian se dit déterminé à donner son maximum dans sa rééducation, afin de mettre toutes les chances de son côté. J’espère juste qu’il va finir par y croire en plus de le faire, car il me semble que c’est cette foi inébranlable en ses capacités qui le fera réellement soulever les montagnes qui sont actuellement sur son chemin. Il pourrait décider alors de tirer parti au maximum de ce que sa vie lui réserve, voir de décider de prendre cette vie en main et de se construire un destin digne de ses attentes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Au milieu de tous ces sentiments lourds et contradictoires, une chose ressort cependant : les progrès continuent. Et si aujourd’hui la bataille fait rage, je crois que demain nous pourrons savourer une victoire bien méritée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’en profite pour vous rappeler que Ian peut vous lire et que vous petits mots, photos et autres lui font toujours très plaisir même si il n’est pas encore apte à y répondre. Alors, n’hésitez pas à lui écrire aussi, plutôt qu’à moi, quand c’est à lui que vous voulez adresser vos encouragements, marques d’affection etc...</description>
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